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 fire meet gasoline, (fabian)

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Amaranth Prewett
puppynut d'amour
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MessageSujet: fire meet gasoline, (fabian)   Mer 29 Nov - 21:22


fire meet gasoline
amaranth et fabian / It's dangerous to fall in love, But I want to burn with you tonight — hurt me. There's two of us, We're bristling with desire. The pleasure's pain and fire. – SIA.

Elle avait fermé la ménagerie à peine une heure auparavant, se réservant le temps nécessaire pour prendre soin de tous les animaux et créatures qui vivaient là. Le calme revenu dans la boutique, elle s'était sentie revivre ; la journée avait décidément été bien trop longue à son goût. Toute la matinée, les clients s'étaient fait trop rares pour qu'elle ne puisse remarquer l'activité commerciale bancale qui régnait sur le Chemin de Traverse ces derniers temps. C'était à croire que plus personne n'osait sortir de chez soi s'il faisait un peu trop gris, ou un peu trop frais. Comme si le danger était plus susceptible de les guetter dans ces moments-là, et que le soleil le chasserait sans l'ombre d'un doute dès qu'il pointerait le bout de son nez. Et à la seconde où c'était arrivé, peu après les coups d'une heure et demi de l'après-midi, les clients avaient subitement afflué. Profitant de l'éclaircie comme si elle serait la dernière avant la fin de la guerre. Et les craintifs, eux, avaient sauté sur l'occasion de voir les rues se remplir, passant inaperçus et se mêlant à la foule — se disant qu'en cas de besoin, au moins, ils ne seraient pas seuls. Et les gens étaient pressés, inquiets ; les gens étaient mauvais. On lui avait parlé plus d'une fois de manière trop peu polie pour qu'elle puisse garder sa langue dans sa poche, et elle avait essuyé plus d'un regard désapprobateur de la part de son patron. Elle travaillait ici depuis plusieurs années, et travaillait bien ; mais dès qu'il s'agissait de son caractère parfois un peu trop salé, elle sentait la réprobation suinter de tous les pores de sa peau, dégouliner de ses yeux trop grands et trop globuleux, et se ruer sur elle comme si elle n'était arrivée que la semaine passée. Elle ne protestait même plus, sachant bien que les disputes ne feraient que s'étendre et se poursuivre, là où elle préférait être en bons termes avec son employeur. Son boulot, elle l'aimait — pas question de le quitter. Et pourtant, il lui arrivait de plus en plus souvent de se dire que si elle avait décidé de partir, il lui aurait été sans doute plus facile que jamais de trouver un nouveau poste, où que ce soit. Par les temps qui courraient, travailler dans les environs n'était pas quelque chose que le commun des mortels qualifiait de sûr. Elle n'aurait pu prétendre y trouver son compte, niveau sécurité ; mais dans un monde où elle n'avait jamais eu les armes pour se battre contre ceux qui l'entouraient, elle avait appris à ne jamais laisser entrevoir sa peur, et à ne jamais se laisser impressionner. Ça lui coûterait peut-être la vie, tôt ou tard — on le lui avait dit. Mais pour l'heure, elle refusait de s'en inquiéter. Fallait-il arrêter de vivre parce que les serpents décidaient de faire un coup d'état ? Ils n'étaient pas les premiers prédateurs qui la menaçaient — bien loin de là. Elle était née en bas de la chaîne alimentaire, était née pour être en danger. Et pourtant, pas question de se laisser mourir d'anxiété au fond d'un trou. Pas question de leur donner raison.

Elle ferme la porte de la ménagerie derrière elle. Tous les rideaux sont descendus, tout est fermé. Elle n'avait plus qu'à rentrer, laissant derrière elle une journée qu'elle aurait voulu se promettre de ne plus jamais passer. Mais au fond d'elle, une petite voix qu'elle savait bien trop juste et bien trop dans le vrai ne pouvait s'empêcher de le lui murmurer : les journées comme ça, c'est pas prêt d'être terminé. Les mains au fond de ses poches, bras cachés sous sa cape, elle fait un pas dans la rue, regardant autour d'elle. Les nuages sont revenus, et la nuit est tombée depuis près de deux heures déjà. Le Chemin de Traverse était à nouveau laissé désert, les sorciers visiblement retournés s'enfermer chez eux à double tour. Peut-être aurait-elle dû faire comme eux — se dépêcher, aller se mettre en sécurité aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Pourtant, elle se refusait à courir, se refusait à montrer une peur qu'elle ne laissait pas prendre place dans son coeur. Elle se contenta de prendre la direction de son appartement d'un pas aussi mesuré qu'à l'ordinaire, sans traîner ni se presser. Si ç'avait été pour courir, il aurait mieux valu qu'elle demande à sa tante de lui faire un Portoloin, conduisant directement de la boutique à chez elle. Mais tant qu'elle n'en ressentait pas le réel besoin, tant qu'il n'y avait pas de menace pour l'étouffer, il était hors de question de s'encombrer de telles précautions — et si elle n'avait pas besoin de Portloin, elle n'avait pas non plus besoin de courir.

Les oreilles ouvertes, prête à accueillir le moindre son suspect, elle continuait de marcher à un rythme calme, lorsqu'elle sentit une présence non loin. Elle ne se retourna pas — pas besoin. Une vitrine lui renvoyait le reflet d'un homme, plutôt grand et trapu, qui lui avait selon toute vraisemblance emboîté le pas. L'allure ne trompait pas, et la distance qu'il semblait s'efforcer de conserver non plus : il la suivait. Loin de se laisser envahir par la peur, elle se redressa au contraire, bien déterminée à ne pas se laisser intimider. Lorsqu'arriva le coin de rue où elle tournait habituellement pour rentrer chez elle, elle s'y engouffra. Pourtant, elle ne continua pas sa route, se glissant dans l'ombre que le lampadaire un peu plus loin projetait sur le mur, rabattant sa capuche sur sa tête. Il n'y avait personne, dans la rue — personne pour la voir disparaître sous le sortilège de dissimulation qui s'appliquait sur sa cape dès qu'elle en rabattait le capuchon. Et elle attendit — une seconde, deux. Trois, quatre, puis cinq. Elle attendit qu'il arrive à sa hauteur et qu'il tourne, prouvant alors qu'il la suivait. Lorsqu'il tourna au coin de rue, du pas un peu trop rapide de celui qui ne veut pas perdre sa cible, elle n'hésita même pas : ne prenant pas la peine de s'enquérir au préalable de l'identité de son poursuivant, elle écrasa violemment son poing sur le visage qui apparut dans la pénombre. L'autre ne put que s'arrêter net sous l'impact du coup invisible, et recula d'un pas alors qu'elle laissait tomber sa capuche, la mine plus farouche et plus furibonde que jamais. Qui que soit ce type, il avait intérêt à avoir les meilleures des raisons du monde à lui présenter, s'il voulait éviter un deuxième coup dans une zone un peu plus délicate que le nez.

Mais soudain, elle se figea, reconnaissant la main venue se plaquer sur le nez, la bague à l'annulaire qui y était passée. Ses yeux remontèrent jusqu'au visage qui n'avait pas été identifié à temps pour s'épargner une droite à l'élan bien mérité. « Fabian ?! » Et son visage pâle s'est décomposé, à la mini-furie, abandonnant l'air menaçant et sauvage pour prendre bien rapidement les traits d'une colère sourde. Tout compte fait, son mystérieux poursuivant allait avoir besoin de bien plus que les meilleures raisons du monde pour éviter le deuxième coup qui, soudainement, apparaissait à la petite lionne plus tentant que jamais.

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Fabian Prewett
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MessageSujet: Re: fire meet gasoline, (fabian)   Mer 29 Nov - 22:27

i ache for love, ache for us, why don't you come, don't you come a little closer. so come on now, strike the match, strike the match now, we're a perfect match, perfect somehow, we were meant for one another, come a little closer.
fire meet gasoline

Dès qu’il avait posé les yeux sur Amaranth, Fabian avait su qu’il ne pourrait pas repartir. Pas sans après pris quelques secondes pour la regarder, du moins – mais ces quelques secondes n’auraient jamais pu suffir. Amaranth, il pourrait l’observer pendant des heures. Chaque petit mouvement de ses doigts, le bruissement de ses cheveux, les éclats dans son regard et les tics de son visage. Elle était telle une oeuvre d’art aux yeux du Prewett – un tableau dont il ne pouvait pas se lasser de regarder. Il savait que ce n’était pas particulièrement galant, de resté planté là dans l’ombre tandis qu’elle vacait à ses affaires. Il savait que si elle l’apprenait, elle détesterait ça. Il n’avait aucun droit de jouer les voyeurs de cette manière, d’envahir sa vie privée pour son simple plaisir personnel – mais il ne pouvait s’en empêcher. Elle était là, juste là, tellement près de lui. S’il le voulait il n’aurait qu’à franchir quelques pas et à tendre le bras pour attraper sa main. Sa Amaranth. C’était de la torture de la savoir tout près sans pouvoir aller lui parler, aller la faire rire. Ce serai tellement facile d’aller ouvrir cette porte et lui sourire, mais il savait qu’elle ne voudrait pas lui parler – voilà déjà trop longtemps qu’elle ne le voulait plus. Fabian s’était fait la promesse de respecter sa volonté. Il lui devait au moins ça – et depuis l’instant où il avait posé les yeux sur elle, il aurait tout fait pour elle, y compris s’en tenir éloigné – même si ça lui brûlait le coeur de le faire.

Il avait été sur le Chemin de Traverse pour affaires de l’Ordre – reprendre contact avec un vieil ami de Poudlard qui, croyait-il, détenait des informations suspectibles de l’aider. Cependant la piste s’était avérée fausse, et alors que son contact disparaissait en un craquement familier, Fabian avait ressenti le familier goût de l’amertume dans sa gorge. Les temps se faisaient difficiles, très difficiles. Entre ses obligations d’auror, son statut de garde-magie, et ses tâches avec l’Ordre, le Prewett était constamment en mouvement. Et pourtant jamais de sa vie il ne s’était senti aussi stagnant – comme si quelque chose le poussait vers le sol, le contraignant à s’enfoncer de plus en plus dans la boue, le ralentissant. Car même si sa tête était entièrement dans ses affaires, le coeur de Fabian semblait à moitié ailleurs – en ce moment, il était dans la boutique qui lui faisait face. Pas une journée ne passait sans qu’il ne pense à Amaranth. Certes, elle lui manquait atrocement, mais il y avait autre chose – il était inquiet pour elle. C’était plus fort que lui. Il la savait capable de se défendre, mais malgré toute sa volonté de fer et son caractère digne des plus féroces Vélanes, Amaranth était désavantagée contre tout sorcier. Chaque jour, Fabian se rongeait les sangs à se demander si aujourd’hui n’était pas le jour où il lui serait arrivé quelque chose. Il avait résisté la contacter à de nombreuses reprises – mais parfois c’était plus fort que lui. Souvent il allait rôder dans les alentours de son appartement, attendant de l’apercevoir saine et sauve avant de pouvoir aller dormir tranquille. C’est pourquoi ce jour-là, alors qu’il contemplait le vide où s’était trouvé son vieil ami quelques secondes auparavant, Fabian n’avait pas pu résister et avait franchi les quelques mètres le séparant de la célèbre ménagerie magique du Chemin de Traverse. Il était tard, et la boutique était déjà fermée – mais Fabian voyait bien que quelques lumières étaient encore ouvertes. Son coeur bondissant dans sa poitrine, il s’était calé dans les ombres et avait attendu – puis elle était apparue. Calme, elle nourrissait les nombreux animaux et créatures de la boutique. Fabian se perdit dans sa contemplation, se remémorant des moments passés, s’imaginant à ses côtés, lui attrapant doucement la main ou l’embrassant au coin de ses lèvres.

Même si la douleur était encore vive, il ne pouvait être en colère contre elle pour la décision qu’elle avait prise. Cette guerre avait eu raison de lui – elle avait encore raison de lui. Il s’était jeté corps et âme dans la cause, négligeant tout le reste, y compris Amaranth. Il avait eu raison de ne pas la vouloir impliquée – il y croyait toujours fermement – mais il avait eu tort de la négliger comme il l’avait fait. Ça avait été une grossière erreur de le faire avec une personne comme elle. Il aurait du le savoir – mais son esprit était trop concentré sur les conflits et les missions et les réunions pour voir quoi que ce soit d’autre. Il se souvenait parfaitement de ce jour-là, quand on lui avait parlé du médaillon de Serpentard. Complètement aveuglé à l’idée de connaître cette victoire, il avait claqué une porte qui s’était verouillée. Est-ce que la victoire d’avoir trouvé le médaillon en avait valu le coup ? Il n’en était pas encore certain aujourd’hui. Ce qui était sur c’était que le médaillon était en ce moment en sureté avec lui, et que Amaranth était un univers plus loin derrière la vitrine de la boutique.

Perdu dans ses pensées, Fabian sursauta légèrement lorsqu’il entendit la porte de la ménagerie se refermer. Heureusement, il possédait d’excellents réflexes et parvint à ne pas attirer l’attention d’Amaranth, qui prit le chemin de chez elle d’un pas régulier et assuré. La décision se prit d’elle-même – Fabian lui emboîta le pas. Le Chemin de Traverse était plongé dans la noirceur et complètement désert. Elle était une cible de choix pour quiconque à l’âme noircie passerait par là – Fabian ne pouvait s’empêcher de jurer doucement sous sa barbe. Elle devrait au moins être accompagnée par quelqu’un, n’importe qui. Il détestait la voir seule de cette manière. Même s’il se trouvait seulement à quelques mètres, son coeur pompait d’inquiétude pour la belle aux cheveux sombres. Elle tourna au coin qui, Fabian savait, menait à chez elle – et alors qu’il s’engouffra à sa suite, le dos légèrement vouté pour ne pas trop attirer l’attention, il réalisa qu’elle avait complètement disparue. Ses yeux éberlués contemplèrent bêtement la rue déserte quelques instants avant qu’un poing ne s’abatte sur son nez. Le choc le prit par surprise et le fit reculer de quelques pas – un juron échappant ses lèvres instinctivement, sa main se levant vers son visage. « Fabian ?! » La voix aurait pu arracher un sourire à Fabian si son nez ne lui faisait pas aussi mal – elle ne l’avait pas brisé, mais avait frappé assez fort pour faire couler le sang. Rien de bien surprenant. « Bloody hell, Ama » lâcha le Prewett d’une voix sourde, relevant les yeux vers elle, le visage crispé. « J'l’ai peut-être cherché, mais t’étais obligée de frapper aussi fort ? » Il la regarda d'un air mi-amusé, mi-offusqué. Ce n'était vraiment pas la manière dont il s'était imaginé l'aborder, mais alors pas du tout - mais une partie de lui ne pouvait s'empêcher d'être étrangement euphorique de l'avoir entendu prononcer son nom.
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Amaranth Prewett
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MessageSujet: Re: fire meet gasoline, (fabian)   Mer 29 Nov - 22:28


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Fabian. C'était Fabian.

Une part d'elle avait ingéré l'information relativement vite, se raidissant, les pieds fermement ancrés dans le sol et les poings serrés. Un autre morceau d'elle, en revanche, peinait sérieusement à remettre pied à terre et à comprendre ce qui lui arrivait. Fabian la suivait.

Quelque part, cela n'avait rien d'inattendu — et elle le savait. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il ne lâchait pas prise, suffisamment pour se douter qu'il devait s'inquiéter pour elle, nuit et jour, et jour et nuit. Se faire un sang d'encre pour sa femme, lâchée dans la nature. Sa précieuse, celle qu'il avait juré devant la loi de protéger envers et contre tout — celle qui, au bout d'un temps à ne plus en pouvoir, avait tout bonnement décidé de mettre fin à ces prétendus accords en lui claquant la porte au nez. Il était obstiné, le Prewett, et elle avait vécu assez longtemps à ses côtés pour le savoir. Il n'y avait donc pas grand-chose de surprenant au fait de le voir là. Pas alors qu'en temps de guerre, n'importe qui aurait pu exterminer sa douce en un claquement de doigts.

Mais la douce en question, elle, ne semblait pas le voir de cet oeil. Le toisant furieusement, son poing toujours serré malgré la douleur du coup qu'elle avait porté qui résonnait dans ses phalanges, elle sentait son coeur tambouriner furieusement au fond de sa poitrine. Et elle était bien incapable de savoir s'il s'agissait de la peur d'avoir été suivie, de la colère de voir que c'était lui, ou de sa simple présence, face à elle, à la regarder de ces grands yeux pour lesquels elle s'était si longtemps damnée. Elle la voyait, cette petite flamme dans ses iris. Cette lueur quelque peu amusée malgré le choc d'avoir été accueilli de la sorte. Une main sur le nez, un peu de sang sur le bout des doigts. Au creux de son ventre, elle sentait la culpabilité essayer de remonter, et tentait tant bien que mal de la refouler. Non. Il le méritait. « Peut-être ?! » Son regard courroucé jetait des flammèches bien moins tendres que celles de son vis-à-vis, et ses narines se dilatèrent brièvement, alors que la colère la faisait pousser sur le torse du colosse comme pour le faire encore reculer. « Tu m'suivais ! » Et qu'elle recule d'un pas, à son tour, ramenant ses poings contre son corps, les phalanges toujours aussi crispées que la mâchoire, son minois levé vers cette figure face à laquelle elle était bien incapable de savoir comment se comporter. « T'aurais voulu quoi, une caresse et une prière de t'éloigner ? » Et elle sent son coeur s'agiter contre les barreaux de sa cage thoracique, la furibonde, alors qu'elle ramène une mèche de cheveux en arrière, pas moins énervée que la seconde d'avant, mais se forçant à essayer de retrouver un ton un peu plus mesuré. Ne pas lui laisser voir tout ça. Rester calme, rester froide — ou à tout le moins, essayer.

« Pourquoi tu me suivais, hein ? Une simple envie soudaine, ou est-ce que tu t'es subitement figuré qu'il me fallait une escorte pour parcourir les cinq cent vingt-trois mètres qui me séparent de chez moi ? » Il n'avait rien à faire là, et cette simple phrase tombée comme un couperet était plus que destinée à le lui faire comprendre. Elle n'avait pas l'intention de se laisser intimider par le sang qui gouttait de son nez, ni par l'alliance à laquelle son regard ne pouvait cesser de s'attarder, toujours passée à son annulaire gauche. Il n'avait jamais abandonné. Et elle sent le vide autour de son propre doigt, le poids autour de son cou. Elle ramène instinctivement ses mains à l'intérieur de sa cape, finalement décidée à ne pas lui porter de second coup. Le fixant, sans ciller. « Qu'est-ce que tu fais là, Fabian ? » Son ton s'est finalement calmé, sans pour autant se départir d'une certaine lassitude de laquelle elle aurait tant aimé pouvoir se départir. Mais il fallait croire qu'il n'était pas capable de se tenir à distance — pas capable de respecter sa volonté. Et cette simple pensée avait le don de la fatiguer et de l'usée, bien que faisant naître une étrange chaleur dans son coeur. Une chaleur qu'elle avait choisi d'enfermer à clé le jour où elle était partie — une chaleur qu'aujourd'hui encore, elle s'efforçait de garder sous scellé, pour son propre bien et pour celui de la paire d'yeux qui, à cet instant précis, la regardait avec plus d'intensité que jamais.

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