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 middle fingers in the air, (joshua)

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Juliana Dewey
puppynut d'amour
pseudo : clo.
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célébrité : emily bador.
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MessageSujet: middle fingers in the air, (joshua)   Sam 25 Nov - 23:31


– MIDDLE FINGERS –
i'm tired of seeing pretty people everywhere,
i used to drink whiskey, now i'm stuck with perrier,
i'll just keep on throwing middle fingers in the air.

« Hey, tu vas où comme ça ? » « J’sais pas. » Elle hausse les épaules, Godzilla dans les bras. Le chat bouge même pas. Il a les yeux à demi ouvert, et il fixe la grande saucisse dégingandée qui leur fait face. C’est un fait : Larry est laid. Trop grand, trop maigre, les joues trop creuses. Il a les bras qui se balancent de chaque côté de son corps à tous les pas, comme s’il essayait en vain de retrouver un équilibre perdu lors de sa poussée de croissance adolescente. Ses vêtements étaient toujours trop grands, ses yeux trop vides, et sa bouche tombante. Y avait pas grand-chose pour animer le regard délavé qu’il servait à tous ceux qui l’approchaient — et la voir partir, à cet instant donné, ne lui faisait visiblement ni chaud ni froid.

« Ok. » Il hausse les épaules, et elle pousse sur les fesses du chat pour le reprendre un peu mieux en main. L’animal se laisse faire, sans un bruit. Ses deux pattes se posent sur son épaule, ses griffes se plantent dans le sweat trop large qu’elle porte. Elle l’a pris à Benjamin, quand il avait le dos tourné. Il doit avoir compris qu’il le reverra jamais, depuis. « Merci d’avoir gardé Godzi’. » « Y a pas d’quoi. » Malgré tout ça, Larry, c’était quand même un bon gars. Quand elle lui avait demandé de garder le chat, il s’était exécuté sans trop ciller. Il avait même accepté d’accueillir les chiens quand elle avait dû sortir pour aller travailler et que son patron avait décidé que, pour aujourd’hui, la surveillance canine, il s’en passerait. Le truc, c’était que Larry espérait visiblement qu’elle aussi finisse par atterrir chez lui. Qu’elle se dise que dormir sur son canapé pour une nuit ou deux pourrait la dépanner — qu’elle finisse par s’éterniser, et qu’elle migre du canapé au lit après une soirée bien arrosée. Larry, il avait cette petite lueur au fond de ses grands yeux vides, et elle était pas encore assez conne ni assez paumé pour laisser cette flamme gagner. Elle en était pas rendu là — clairement pas. Le jour où elle vendrait son corps pour un lit était pas venu, et viendrait sûrement jamais. Plutôt crever de froid dans la rue, Godzilla entre les bras. Pauvre chat.

Elle tourne les talons, et il ferme la porte derrière elle. Manqué pour cette fois. Les chiens sur les talons, elle dévale les escaliers. Arrivé en bas, y a comme un courant d’air frais qui lui remonte le long de l’échine, et qui la force à réfléchir. Partir de chez Larry, c’était une chose. Mais maintenant, fallait trouver où aller. Dans ses bras, le chat n’avait pas l’air de s’en soucier. Marchant dans chacun de ses pas, les chiens n’avaient, eux, pas l’air de s’en inquiéter. Elle trouverait. Elle trouvait toujours, après tout.

Elle passe devant un café, et l’odeur lui chatouille le nez. Elle fouille dans ses poches, dans l’espoir d’y trouver une petite monnaie subitement sortie d’on ne saurait où. Mais y a rien, et faut s’y résigner : le café, ce sera pas pour maintenant. Pas pour ici, en tout cas. Starbucks, c’est trop cher. Elle a pas de quoi payer quatre dollars un café. Faut pas abuser. Et malheureusement, personne ne semble disposé à lui en laisser traîner un sans surveillance.

Alors, elle continue son chemin. L’odeur du café accrochée à ses narines, la pensée du liquide brûlant plantée au fond du crâne. Quand elle arrive au pied du ridicule petit immeuble à trois étages que sa marche sans but avait finalement ciblée, elle s’arrête. Elle se souvient que la sonnette de Joshua ne marche pas, et qu’elle pourrait crever de froid juste là, le doigt enfoncé dans le bouton, avant qu’il ne réalise qu’elle n’est là. Surtout s’il dort. Et en particulier si c’est son jour de congé.

Aux grands maux les grands remèdes. Son doigt s’enfonce dans toutes les sonnettes, alternativement, évitant soigneusement celle de l’appartement 5. Ça dure une minute ou deux, jusqu’à ce qu’un locataire finalement épuisé d’entendre le bruit strident retentir dans son appartement ne finisse par lui ouvrir sans même prendre la peine de déclencher l’interphone. Elle pousse la porte, et elle laisse les chiens rentrer ; puis, à son tour, elle s’engouffre dans le petit hall d’entrée. C’est misérable, et il y fait aussi froid que dehors. Pourtant, elle ne s’y attarde pas. Bien vite, ses pieds grimpent les escaliers étroits qui mènent jusqu’à l’appartement de Joshua, et son poing s’écrase sur la petite porte grossièrement plantée dans ses gonds. On pourrait croire qu’au moindre choc, elle en sortirait. Qu’à la moindre secousse, le battant dévalerait les escaliers comme s’il n’avait été que posé sur le palier. Faudrait penser à la faire réparer. Ou à continuer d’économiser sur les réparations, au choix.

Finalement, la porte s’ouvre. Et quand elle l’aperçoit, sa main remonte à nouveau les fesses du chat. Cette fois-ci, Godzilla laisse échapper un léger grognement — mais ne bouge pas. Et elle lève les yeux pour l’observer, le grand maigrelet qui lui fait finalement face. Bien fière de s’être souvenue de l’endroit où il habitait, même si elle aurait été incapable de lui donner le nom de la rue. « Salut. J’peux rentrer ? » Le chat finit par gigoter, et tourne sa tête vers le gamin aux cheveux ébouriffés. Pour changer. « C’est Godzilla. Fait trop froid dehors pour lui, monsieur ne peut vivre que le cul collé au chauffage. Et il se demandait si t’avais pas un calorifère en état de marche. Par hasard. » Est-ce que tu penses à payer ta facture, au moins ?

(c) blue walrus

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